Je vais pour parler de la bijouterie proposer une analyse en deux parties: d’une part, ce qui se fait, la situation actuelle et d’autre part l’idéal.
Ce qui se fait c’est une multitude de petits ateliers gérés chacun, par un bijoutier qui fait tout, tout seul, qui ne dépend de personne ni d’aucune instance supérieure qui gère la profession, qui s’occupe des problèmes collectifs et qui a une idée précise sur le devenir et l’amélioration de la profession. C’est chacun pour soi: on a sa clientèle, on a sa façon de faire, on pratique le prix qu’on veut, on poinçonne ou pas selon ses désirs, c’est le laisser aller poussé à l’anarchie.
A chaque coin de rue il y’a un petit atelier. A t-il suivi une formation? Combien de temps a duré cette formation? A quelle famille il appartient? Est il un professionnel ou pas? Est-il compétent? A til une bonne moralité? Personne ne sait. C’est ça l’existant.
L’idéal ce serait de faire en quelque sorte le tri dans cette multitude, de répertorier les artisans bijoutiers. Pour cela les bijoutiers se sont organisés, ils ont crée une association nationale à laquelle tous les bijoutiers peuvent appartenir, pour cela, il suffit d’être bijoutier pratiquant, d’acheter la carte de membre, d’avoir un atelier ou de travailler dans un atelier.
L’association nationale des bijoutiers du Sénégal créée depuis juillet 1992, sous l’impulsion de monsieur Ngagne NIANG, a renouvelé ses instances lors d’une assemblée générale au cours de laquelle les nouvelles instances on décrit un programme. Et c’est ce programme qui pourrait constituer l’idéal auquel aspire la profession.
Ce programme consiste à former les bijoutiers car actuellement la formation des jeunes se fait sur le tas dans une bijouterie familiale où on l’installe parce qu’il na pas percé dans ses études à l’école sans que cela ne soit pas toujours le cas car nous voyons aujourd’hui des jeunes titulaires de diplômes universitaires qui ont choisi d’être bijoutiers. Une fois la formation faite il faut que les bijoutiers puissent s’installer normalement, c’est-à-dire leur faire bénéficier d’un accès au crédit pour permettre le financement de cette installation entre autre. Une fois installé le problème à résoudre sera celui de la matière première, la matière d’œuvre indispensable pour travailler à savoir l’or.
Il faut noter qu’au Sénégal il n’existe pas d’organisme étatique officiel ou même privé chargé de vendre l’or aux bijoutiers. ce que nous notons c’est qu’il n’y a pas de comptoir d’achat et de vente des métaux précieux au Sénégal où les bijoutiers peuvent se rendre pour acheter leur matière première et travailler . La conséquence c’est qu’il n ya pas de prix officiel de l’or dans la mesure où chacun se débrouille pour se procurer sa matière première. Le prix de l’or au Sénégal n’est pas connu de façon officielle, il monte ou descend selon la demande ou l’offre sans que tout ceci soit formalisé. Il n’y a pas de comptoir de l’or au Sénégal et cela d’autant plus curieusement que le Sénégal produit de l’or dans sa région sud.
Ce qui est d’autant plus curieux et bizarre alors que le Sénégal est le seul pays ou la bijouterie est une affaire de famille, en effet on nait bijoutier on ne le devient pas.
Une fois donc installé, le gros problème que doit résoudre le bijoutier c’est combler le vide crée par l’absence de cette matière première. Cette absence de source d’approvisionnement en or cause de gros problèmes qui sont :
Les conditions qui permettront un essort de la bijouterie :
Je voudrais également déplorer l’absence de foires, de lieux ou les bijoutiers pourront rivaliser dans uns saine émulation qui contribuera à fouetter l’imagination créatrice des artisans. C’est aussi l’absence de concours tel le MARTEAU D’OR qui a déjà été organisé, ou la participation aux défilés de mode.
La professionnalisation passe également par une organisation forte qui met en place une structure qui s’appelle L’ABNS ou travaillent des personnes recrutées pour leur compétence chargées de penser et de réaliser les idées émises par la base, celle-ci constituée de bijoutiers qui peuvent des lors se consacrer entièrement à leur travail dans l’atelier. Ce bureau s’occuperait du travail administratif. Pour ce faire il urge que des cotisations mensuelles soit fixées et libérées à bonne date pour s’acquitter des frais de fonctionnement de ce bureau.
C’est une profession d’hommes et de femmes ambitieux, qui brassent beaucoup d’argent, une profession extrêmement valorisante parce que productrice de valeur ajoutée, mais qui vivotera éternellement tant que les problèmes cités et décriés depuis plusieurs décennies ne seront pas réglés, d’abord et avant par une ferme volonté des bijoutiers de s’en sortir par eux-mêmes en faisant les sacrifices et les efforts nécessaires, et si possible par une aide de l’état.
A défaut la bijouterie restera le parent pauvre de tous les corps de métiers composant l’artisanat alors qu’elle emploie des milliers de personnes.